«Un trait n’est pas qu’un trait».

Pour Tibo, le trait a toujours été présent. D’abord abs-trait, en germe et de manière inconsciente, le trait fait ensuite naitre le figuratif. Progressivement apparaissent dans sa peinture des profils où la ligne continue suggère les formes et permet la stylisation de l’humain. Le trait devient silhouette. Peu à peu la ligne prend une nouvelle fonction: elle délimite un visage et cloisonne la couleur. Le trait devient forme, plus épais, plus prégnant, plus présent. Il s’affirme. Grâce au recueil de nouvelles de Jeancristophe «I IL II L (onze histoires en forme de contes et leur épilogue)», le trait de Tibo devient illustration(s). Plus fin et épuré, il dégage une poésie presque enfantine. Cette expérience est un catalyseur qui va conforter l’artiste dans l’exploration de ses silhouettes en utilisant de nouveaux médiums comme la ficelle, et de nouvelles techniques, comme l’approche du volume.

Puis les silhouettes ne sont plus un simple trait, leur vide se remplit de pensées, d’émotions. Elles dévoilent un peu de leur anatomie et prennent vie, en quelque sorte, comme si une âme les habitait. Tibo explore un peu plus loin la manière de les présenter, en cherchant à mêler le fond à la forme en utilisant les illusions d’optique. L’abandon provisoire de la toile au profit d’autres supports devient une nécessité. L’illusion d’optique prendra ainsi forme grâce à la sculpture. Le travail sur le volume mène paradoxalement à la planéité comme le révèle l’oeuvre N°1.

Aux yeux de l’artiste, maintenant le trait ne résulte plus d’une création plastique. Ainsi l’idée du trait comme concept fait son apparition grâce à la video, qui permet d’extraire le trait comme instant de réflexion artistique. En effet, les traits visibles du quotidien peuvent amener tout un chacun à appréhender la perception de ces formes selon son imagination.