Tibo a la tête dans les nuages et les mains dans la peinture depuis tout petit.

Il découvre très tôt ce moyen d’expression sans limites, qui le séduit dès son plus jeune âge. Il suit des cours d’arts plastiques où il dessine et peint à l’atelier des couleurs, puis à l’atelier du petit chevalet, deux associations de la métropole lilloise. Ces cours sont très importants pour lui, ils lui permettent de mesurer les multiples possibilités qu’offrent ces formes d’expressions, à travers des artistes comme Chagall, Monet, Picasso, dont il a pour consigne de s’inspirer pour créer. Il découvre également les musées, ces lieux où en vrai, il peut voir ce qu’il ne voyait jusque là qu’en photo. Déjà, il semble pressentir qu’il voudrait en faire sa vie.

Ses découvertes se multiplient, il découvre d’autres médiums, comme la sculpture, la photographie, ou le cinéma. Le répertoire des artistes s’agrandit, il apprend à connaitre Dali, Magritte, Van Gogh. Après l’obtention de son baccalauréat, il s’inscrit en faculté d’Arts Plastiques afin de suivre des cours plus spécialisés. Les performances, l’art contemporain, il élargi encore le champ de ses découvertes, apprend pour la première fois à dessiner des corps d’après modèles. Mais les cours ne sont pas à la hauteur de ses espérances. Il décide donc de persister dans cette voix de manière empirique.

C’est décidé, il sera artiste-peintre. Mais c’est quoi, être artiste-peintre? Beaucoup de questionnements le freinent, mais beaucoup d’idées commencent à germer. Ses créations personnelles sont abstraites. Il joue des couleurs, des matières, des formes. Ses influences sont palpables, Pollock et son dripping, Miro et ses formes colorées, Kandinsky, Rothko. A mesure qu’il peint, d’autres formes se dessinent sous son crâne. Il expérimente, rature, recommence, dans un besoin toujours plus grand de créer sans s’imposer de limites.

Les idées s’accumulent. Des formes commencent à émerger de ses mixtures visuelles. D’abord indéfinissables, ces formes commencent à suggérer quelques choses. Quelques portraits sans visages, puis de simples traits, comme pour immortaliser un profil à tout jamais. Cette quête deviendra une obsession, mais aussi la source de remises en question. C’est l’époque de sa première exposition personnelle dans un bar de Lille. Cette exposition le confortera dans ses envies d’en faire son métier. Il en fera quelques unes, sporadiquement jusqu’à maintenant.

Il s’éloigne déjà de son obsession, remplit ces formes, veut les rendre vivantes. Des yeux, des bouches, des mots. Ses peintures se veulent plus explicites, mais sèment également volontairement le doute. Le besoin de travailler de l’abstrait refait surface. Il va et vient d’une envie à l’autre, sans réelle articulation. Parrallèlement à sa peinture, il travaille en collaboration avec Jeancristophe, qui le contacte pour illustrer son deuxième livre. Tibo constate alors qu’il tourne en rond, et décide de s’accorder une parenthèse dans sa vie de tous les jours, pour ne se concentrer que sur ses créations. Faire le point, disséquer ses travaux jusqu’à maintenant, et trouver l’articulation manquante.

Son travail actuel se veut plus figuratif. Il réintègre sa vieille obsession, qu’il appelle « Silhouettes ». Sa recherche se veut plus pointue, il veut donner un sens et une âme à ses créations. Et pour cela, il fait la synthèse de tous ses travaux réalisés jusqu’ici: un fond abstrait avec de la matière, des couleurs, et par dessus, le dessin, un simple trait. Les traits se mélangent, laissant tantôt entrevoir un méli-mélo de corps, tantôt l’anatomie de ses personnages, qui prennent vie sous son pinceau.